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L'évaluation environnementale : un rôle clé dans le développement des nouvelles énergies

juillet 2018

Au sein de la direction Économie et Veille d'IFP Energies nouvelles (IFPEN), une équipe est spécialisée dans les Analyses de Cycle de Vie (ACV). Elle contribue à l’élaboration des standards en matière de bilan environnemental des filières des domaines de l'énergie et des transports.

Sandra Beauchet, Anne Bouter et Pierre Collet sont chargés d’études ACV. Ils nous présentent les travaux menés à IFPEN dans ce domaine.

 

Quel est l'objectif des analyses de cycle de vie

Pierre Collet : Les ACV ou éco-bilans visent à évaluer les impacts potentiels sur les ressources et l’environnement, d’un produit, d’un service ou d’un procédé. Ces analyses sont de plus en plus demandées par les entreprises, mais aussi par les pouvoirs publics, pour estimer l’impact environnemental d’une innovation bien avant qu’elle ne soit mise sur le marché. L'équipe ACV d'IFPEN travaille sur les méthodes permettant d'évaluer les performances des filières de l'énergie et des transports depuis la fin des années 90.
   
Que ce soit ans le cadre de projets nationaux comme BioTfueL ou Futurol (biocarburants de 2e génération), de programmes européens tel que Scelectra (mobilité électrique), à la demande de PME partenaires ou pour les besoins de la recherche menée au sein d'IFPEN, notre équipe est régulièrement sollicitée pour produire des ACV sur des sujets divers : biocarburants pour l'automobile et l'aéronautique, véhicules hybrides, éolien offshore, etc.
   
Mais elle consacre aussi une partie de ses travaux à la recherche méthodologique (encadrement de thèses, publications). Nous sommes également sollicités par les pouvoirs publics pour participer à la définition et la validation de standards français et européens. Une reconnaissance qui témoigne de l’expertise acquise par IFPEN dans la discipline.

 

Quels sont les critères pris en compte dans les ACV ?

Sandra Beauchet : En vingt ans, les ACV sont devenues plus précises et complexes. Auparavant, elles se limitaient souvent à établir un bilan en termes de consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Elles peuvent aujourd'hui évaluer, pour chaque procédé ou mode de transport étudié, jusqu’à une quinzaine d’impacts potentiels comme la criticité des ressources ou la formation de particules fines par exemple. L'intégration d’un nouveau critère passe par l’identification de modes de calcul adéquats, testés sur des études de cas. Parmi les nouveaux critères étudiés par IFPEN figurent, par exemple, l'empreinte eau ou les nouveaux indicateurs du changement climatique.
    
Nous menons aussi des travaux sur les ACV conséquentielles. Une ACV "classique" est un bilan environnemental à l’instant "t" d’un procédé ou d’une technologie. À elle seule, elle ne permet pas de prédire l’incidence que pourrait avoir, sur un secteur, l’implantation d’une nouvelle filière. D’où les recherches conduites en collaboration avec des équipes internationales (CIRAIG, DTU, etc.) pour essayer de coupler les ACV classiques avec des scénarios économiques et énergétiques. Cette approche repose sur des modèles de prospective des systèmes énergétiques.

 

Pouvez-vous nous présenter l’exemple d’une étude ACV récente ?

Anne Bouter : Nous avons conduit, avec l’ADEME, l’étude E4T (Etude Economique, Energétique, et Environnementale pour les technologies du transport routier français) qui analyse le potentiel de différentes technologies de motorisation (thermique, hybride et électrique) en s’appuyant sur des critères économiques, énergétiques et environnementaux. Le but était d’émettre des recommandations sur les meilleurs choix technologiques en fonction de ces différents critères ainsi que de l’usage des véhicules à horizon 2030.
    
S’agissant des ACV, nous avons évalué les impacts environnementaux recommandés par la Commission Européenne pour les différents moyens de transport étudiés (véhicules particuliers, bus, véhicules utilitaires légers, et poids lourds), en tenant compte à la fois du cycle de vie du véhicule (fabrication, maintenance, fin de vie) et de celui du carburant (production et utilisation : bilans « Well to Wheel »). L’étude a par exemple mis en valeur l’intérêt de l’hybridation et de l’électrification pour se déplacer en ville. Les bus, notamment électriques, sont une solution pour laquelle les contributions aux impacts environnementaux sont les plus faibles. D’une part, il s’agit d’un mode de transport en commun (environ 17 personnes en moyenne dans un bus), et d’autre part leur kilométrage annuel est élevé (en moyenne 40 000 km/an).

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